La ZAD du Moulin n’est plus… Vive la ZAD !

10 septembre 2018, la ZAD du Moulin n’est plus…

Après un an de construction, de veilles et de mobilisation nous avons perdu cette bataille.

Un peu inéluctable direz-vous. Certes. Dès le début, les 5 clampins autour de leur petit feu dans la prairie s’imaginaient déjà qu’on finirait un jour ou l’autre par en passer par là.
Qu’à cela ne tienne ! Nous avons essayé. Nous avons donné notre temps, notre énergie, nos convictions pour ce lieu.

Et plus nous avancions, plus la ZAD se dessinait, s’affirmait, prenait sa propre personnalité. Elle a apporté la matière première, vive, nécessaire la réflexion quant aux doutes inhérents à l’inconnu que nous parcourions. Et dans le tumulte de l’adversité apportée par la complexité de l’Humanité dans notre petit coin de forêt, le chemin s’est imposé de lui-même : s’adapter et avancer. Un pas après l’autre, nous a mené de paysages arides en contrées herbeuses, de moments ensoleillés en orages, de crises en bonheurs. Expérimentant les méandres de l’expression « vivre en collectivité » nous avons toutes et tous osé sortir de notre zone de sécurité pour VIVRE, sous l’ombre bienveillante des arbres centenaires.

Et alors que la ZAD évoluait, se trouvait, s’émancipait, l’ennemi qui lui donnait sa raison d’être en faisait de même. L’araignée tissait sa toile dans l’obscurité, s’achetait des crocs, préparant son attaque. Celle-ci fut fulgurante. Violente. Sans équivoque.

Les boucliers, les gaz et la froide organisation de l’armée, ont vite eu raison des barricades, de la mobilisation, des écharpes bleu-blanc-rouge ou des représentant.e.s de l’Union Européenne… Et à la douleur de perdre notre lieu de découverte s’est très vite ajouté l’impuissance face à la chute de nos hôtes qui nous ont hébergés et que nous avons failli à défendre.

La vision des arbres couchés m’a donné l’amère sensation qu’on nous avait pris une partie de nous. Qu’un être immonde s’était introduit par la force en nous pour arracher ce que son plaisir lui dicte. La mauvaise foi continue des commanditaires, la froideur méthodique des officiants, et l’injustice criarde de l’ensemble de l’opération ont vite éclipsé tous les petits tracas qu’a pu vivre notre petit groupe.

Mais, de cette adversité a éclos, en quelques jours à peine, à une nouvelle ZAD bien plus forte. Villageois.e.s, zadistes, citadin.ne.s, se sont unis dans une même cause, un même combat, un même cri. Plus vivante que jamais, toujours plus grande, notre ZAD a affirmé toute son originalité dans sa lutte pacifique, appelant toutes les personnes qui veulent Justice.

Et alors que les arbres gisent au sol, aujourd’hui nous le savons au fond de nos cœurs : le combat ne fait que commencer !

Tout en respectant nos valeurs, en rejetant leurs pratiques d’un autre temps, nous continuons la lutte. Tous les arbres ne sont pas au sol, le bitume n’est pas coulé, leur monde n’est pas encore construit !
Toujours plus nombreux, nous allons revenir, replanter, et reconstruire !
Nous allons exiger et obtenir justice !
Cela a déjà commencé.

En attendant, nous sommes là. Sur cette route dévastée. A contempler notre petit coin de rêve que quelques monstres ont détruit. Et à nouveau, la ZAD nous dicte le chemin : aller de l’avant.

Alors, haut les coeurs les copains-copines !
Nous sommes la ZAD du Moulin.

One Reply to “La ZAD du Moulin n’est plus… Vive la ZAD !”

  1. Camille
    Votre texte : un enthousiasme lucide.
    Avec telle jeunesse, espoir d’un devenir plus équitable renaît et se conforte.
    Patience et endurance y contribueront!
    Je relève qu’auprès bien de gens du « passé » (dont je suis), prise de conscience est en effervescence.
    Persévérez, j’ai espoir que victoire un jour vous pourrez chanter/crier.
    Et sachez, en ce que je puis, sur mon aide vous pouvez compter!

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