Que pense-t-on de la lutte contre le GCO ? [3/4] – 1ère partie « COMMUNICATIONS, RENSEIGNEMENTS, CONTRE-ESPIONNAGE, REPRESSION »

Voici enfin la 3ème partie de notre analyse de la lutte contre le GCO au regard du podcast de floraisons.blog, lui-même inspiré de l’ouvrage Full Spectrum Resistance.
Dans les deux premières parties, nous avions vu pourquoi se battre, la nécessité d’une diversité des tactiques, d’être solidaires dans notre lutte, comment recruter, comment nous aurions pu mieux nous organiser et nous protéger.

Dans cette troisième partie, nous allons voir comment communiquer dans nos luttes, comment obtenir des informations sur nos ennemis, déjouer la surveillance et éviter la répression. Nous traitons toujours ce sujet au regard de ce que nous avons vécu à la ZAD du Moulin.

VII. Communications

Sans communication, pas de résistance possible. Dans le camp de la résistance, la communication permet aux personnes dissidentes isolées de se réunir, de réfléchir aux stratégies et planifier des actions. Elle permet à un groupe résistant de sortir de son isolement, de recruter, de collecter des fonds et de faire partie d’un plus large mouvement qui prend ses racines dans la société. Dans le camp d’en face, les gouvernements contrôlent le récit du réel et de l’imaginaire collectif grâce aux grands médias marchands et aux chaînes officielles. Ils peuvent diffamer et décourager les personnes qui résistent, les opposer entre elles, ou simplement effacer la mémoire des luttes. Ce n’est pas surprenant si la communication est un enjeu crucial pour la résistance. // Dans la lutte contre le GCO, nous ne manquons pas d’exemples à ce sujet. Les DNA (presse locale) ont publié une pleine page de pub pour le GCO après l’évacuation de la ZAD de la forêt, ont relayé la campagne récente de Vinci et on ne compte plus les articles décourageant la lutte (« Les travaux du GCO battent leur plein », « Pour les anti-GCO, la lutte est terminée »). Nos actions de blocage ainsi que les procès concernant des militant.e.s étaient aussi relayés mais d’une manière très différente nous décrédibilisant souvent, restant très en surface voire en propageant de fausses informations (lors de l’opération Phoenix, personne n’a jeté de clous aux gendarmes!!). Rien d’étonnant à cela puisque ce journal est détenu par le Crédit Mutuel, une banque dont on peut imaginer les intérêts qu’elle a à casser l’image de militant.e.s contre le capitalisme.

RÉSISTANCE ET MÉDIAS DE MASSE

Les médias de masse sont détenus par des grands groupes industriels qui ne cherchent pas à diffuser la vérité, mais à attirer l’attention, vendre de la publicité et diffuser les idées capitalistes, le mythe de la croissance, du progrès (voir le docu « les nouveaux chiens de garde »). Bien sûr, l’ensemble des médias marchands n’est pas monolithique, ils n’ont pas forcément les mêmes intérêts et certain·es journalistes sont intéressé·es par la contestation. Mais en tant que système, les médias de masse sont contre les radicaux et révolutionnaires. // A la ZAD, nous avons eu des journalistes et photographes intrusifs qui venaient pour avoir des images croustillantes. Toute la difficulté était de faire parler de nous, de cette lutte que l’on menait sur le terrain sans tomber dans le piège d’être utilisé.e.s pour faire le buzz médiatique… Beaucoup d’entre nous refusaient de parler ou d’être photographié.e.s ou filmé.e.s. On sait aussi que cela facilite le travail de fichage… Dans l’idéal, peut-être faudrait-il des personnes « responsables  médias » qui soient différentes de celles qui agissent sur la lutte. // « Aucun individu ou groupe ne devrait être forcé de parler avec les grands journaux s’il n’a pas envie, mais pour les mouvements à visage découvert, rester dans l’ombre est fatal. Nous n’avons pas besoin de nous faire aimer par le gouvernement, ni par la majorité de la population. Mais pas de victoire possible s’ils n’entendent jamais parler de nous. Nous devons comprendre comment ces grands médias fonctionnent, leurs pièges, leur capacité à nuire au mouvement, et à quel moment il est plus opportun de les utiliser à notre avantage ou bien d’utiliser nos propres réseaux de communication. »

COMMUNICATION POUR PERSONNES RADICALES

Nous devons établir nos propres stratégies de communications pour nos groupes et nos campagnes, en utilisant des outils efficaces, que ce soit pour nos blogs ou pour une interview dans Le Monde. Même si la communication professionnelle peut être critiquable sous bien des aspects, les radicaux peuvent apprendre des techniques de communication sans compromettre leur principes politiques. Trop souvent les documents de communication des radicaux sont vagues, trop abstraits, trop longs. L’objectif doit être clair : quel message on veut faire passer, à qui et pourquoi. Il faut comprendre le public. Les gouvernements et les entreprises ont conditionné les gens à recevoir un certain type de message. Si nous ne nous adressons pas à eux d’une façon qui résonnent avec eux, ils n’entendront pas. La communication est bi-latérale : vous et l’auditoire. Si vous vous concentrez seulement sur l’envoi d’un message, vous allez rater l’auditoire, et ne persuader que vous-mêmes. Partez de ce qu’ils et elles sont, vivent, savent, et emmenez-les vers votre conclusion. Les personnes sont moins concernées par les arguments que par ce qui les touche, et cela dépend de l’auditoire. Oubliez le jargon, parlez leur langage. // Là, on a peut-être loupé quelque chose. La comm’ contre le GCO a été surtout faite sur des arguments écologistes et d’efficacité (le GCO ne réduira pas les bouchons). Sauf que les grands médias ont martelé aux gens que le GCO réduirait les bouchons et la plupart des gens s’en foutent de l’écologie (zone humide et grand hamster, ça leur parle pas, c’est une réalité). Un argument de poids semble être le fait que si l’autoroute n’est pas rentable pour Vinci, c’est le contribuable qui va compenser la perte en payant de sa poche. Le mouvement des gilets jaunes est parti de l’augmentation du prix du diesel. Toucher au porte-monnaie est la meilleure manière de faire réagir. Il faut vraiment partir d’où en sont les gens et les histoires de contribuable qui paye pour des entreprises privées, ça énerve plus la majorité de la population que la destruction de l’habitat d’espèces protégées. Aussi, on aurait dû plus communiquer sur les 7 enquêtes avec avis défavorable voire accablant (ce qui regroupe les arguments écologistes et sur l’utilité). Notre ligne de comm’ principale auraient dues être ça : « ça va coûter cher au contribuable », « ça va pas réduire les bouchons » et « projet illégal : 7 enquêtes avec avis défavorables ». // « Il faut être spécifique, concis, direct, puis répétez, les points-clés doivent être extrêmement clairs. Plus l’audience est grande, plus le message doit être simple. Cela évite aussi qu’il soit déformé par les médias. Plutôt que de parler en terme de degrés, de nuances, polarisez grâce à des phrases binaires, oui/non, présence/absence, soit ceci/soit cela. Simplifiez, puis exagérez. Concentrez-vous sur ce qui est inacceptable pour la majorité. C’est difficilement déformable ou diluable par les médias, ou cooptable par les puissants. Présentez un seul problème à la fois, avec un adversaire clair, un groupe de personnes plutôt qu’un vague système. Les personnes ciblées auront du mal à esquiver leur responsabilité et la pression. Plutôt que de discuter, dans une interview, répétez ces quelques points clairs encore et encore de plusieurs façons différentes. »

Chapitre 8 : Renseignements & Reconnaissance

« Par définition un mouvement de résistance est inférieure, ses ressources sont limitées. Il doit donc savoir exactement où et comment frapper pour utiliser sa force limitée de façon stratégique. Le travail de renseignement consiste surtout à rassembler des informations disponibles. C’est un travail fastidieux qui requiert efforts et organisation, mais qui est indispensable, que ce soit pour un mouvement à visage découvert ou clandestin, armé ou non-violent. L’exemple de la lutte irlandaise dans les années 1920 montre que de bons renseignements permettent d’être plus efficace qu’une armée régulière avec pourtant moins de ressources.

Qu’est-ce que le renseignement ? C’est obtenir des informations sur l’ennemi, sur le terrain, sur les autres factions. Pas juste des rumeurs, mais des détails aussi précis que possible. C’est pouvoir créer la surprise lors d’une attaque, et pouvoir l’éviter pour la défense. Le renseignement pour la résistance est une part de recherche, une part de journalisme d’investigation et une part d’espionnage. C’est une tâche à laquelle tout le monde peut participer sans être clandestin. » // Du renseignement, c’est clair on en a manqué… Full spectrum resistance identifie 3 niveaux de renseignement : « le renseignement stratégique (c’est la vision d’ensemble, des informations sur la situation politique, économique, l’infrastructure industrielle, les réseaux de communications et d’énergie, les personnes et organisations importantes) » bon on voyait plutôt bien ce qu’ils avaient en tête grosso modo chez Arcos pour la construction de l’autoroute. Cela dit, avoir plus de renseignement sur l’avancée des travaux, les cadres et leurs responsabilités ça n’aurait pas été du luxe (ça doit être sacrément hiérarchisé là-dedans… au passage, nous avons pu observer sans surprise une stratification sociale et raciale dans les métiers des personnes sur le chantier. Bon, bien sûr peu de femmes, le BTP c’est grave sexiste. Les cadres sont généralement des hommes blancs et les ouvriers des hommes racisés). Un autre niveau est le renseignement opérationnel (il s’agit d’identifier les cibles et actions potentielles, lesquelles ont le plus de valeur d’un point de vue stratégique) et le renseignement tactique (c’est les détails les plus spécifiques sur les unités, cibles et engagements, par exemple par la reconnaissance directe. C’est compter le nombre de gardiens, les patrouilles, les caméras, les routes de secours, les points faibles etc.). » // On a manqué de renseignement tactique, précis et pertinent (qu’est-ce qu’on veut observer et dans quel but). Le renseignement ça prend du temps, c’est chiant et pas très excitant mais… important !

Cartes

« Les cartes routières et photographies aériennes sont incroyablement utiles et publiques. Étudier les cartes avant d’aller faire une expédition de reconnaissance réduit les efforts, aide à trouver des chemins de secours ou des cibles multiples pour des actions impactantes. » // Encore faut-il avoir un endroit au sec où stocker ces cartesOn en a perdu quelques unes ! Encore une fois, nos conditions matérielles et notre désorganisation nous ont entravé.e.s.

Dans ce chapitre, nous avons vu comment obtenir des informations sur l’ennemi. Mais ce n’est pas suffisant, les groupes résistants doivent aussi empêcher les puissants d’obtenir des informations sur eux. C’est ce que nous allons voir dans le prochain chapitre. »

Chapitre 9 : Contre-espionnage & Répression

Ici l’auteur raconte comment une amie à lui a été arrêtée chez elle par des agents armés, au beau milieu de la nuit pour avoir organisé une manifestation contre le G20 à Toronto. Les organisateurs ont été accusé de « complot », une accusation vague contre laquelle il est difficile de se défendre. Les activistes sont resté·es plusieurs semaines ou mois en prison, puis surveillé·es à leur sortie en contraignant aussi leurs familles. Aric McBay ne raconte pas cette histoire parce qu’elle est unique, mais parce qu’elle ne l’est pas.

L’histoire de la résistance est aussi l’histoire de la répression. Les dictateurs restent en place moins grâce à l’inertie que grâce à un arsenal répressif, matraque, casiers, caméra, infiltrés, prison. Un système d’inégalités et d’exploitation se maintient grâce à une combinaison de tromperie, de contrainte subtile, et de violence nue. Les puissants font tout leur possible pour prévenir la floraison des révolutions, en attaquant avant que les premiers signes apparaissent.

Nous avons vu dans le chapitre sur la Sécurité des pratiques surtout passives, des choses à ne pas dire ou ne pas faire, ce n’est pas suffisant. Les mouvements qui veulent réussir ne doivent pas seulement être sur la défensive, ils doivent passer à l’offensive. Pour empêcher la division des mouvements de résistance, il faut comprendre comment fonctionnent les tactiques de répression, comment les reconnaître, et comment les contrer. Nous allons voir dans ce chapitre 7 tactiques de répression : La surveillance, la Guerre Psychologique, l’Infiltration, le Système Judiciaire, la Violence Extrajudiciaire, la Loi Martiale, et enfin la Cooptation.

1. SURVEILLANCE

Pour pouvoir mettre en œuvre la répression, le pouvoir a besoin de renseignements, donc il surveille. La Surveillance consiste pour les agents à observer les activistes et résistant·es, identifier les dissidents, les leaders, leurs appuis, tactiques et autres caractéristiques du mouvement. La surveillance est utile avant que les mouvements développent une conscience en matière de sécurité. Elle est aussi utile pour intimider et provoquer la paranoïa quand le mouvement est arrivé à maturation. Les premières caméras de surveillance en Angleterre n’ont pas été installées pour surveiller le crime, mais les suffragettes. La majorité de la population sait (dans une certaine mesure) qu’elle est surveillée, notamment sur les réseaux sociaux, par les gouvernements et les entreprises. Cette surveillance sape les bonnes relations entre modéré·es et militant·es, radicaux et libéraux. // En effet, lors de la marche pour le climat organisée exceptionnellement près du tracé du GCO, des militants du collectif GCO Non Merci ont trouvé qu’il était inapproprié que certain.e.s personnes portent des masques. Ces militants ne se rendent simplement pas compte qu’en tant que zadistes/zadiens nous sommes bien plus vulnérables qu’eux devant la justice, ayant peu de ce qu’on appelle garanties de représentation (adresse, boulot…).

Comment se protéger : Pour les groupes clandestins, en essayant d’être invisibles. Pour les groupes à visage découvert, par une culture de sécurité ou en faisant profil bas si c’est approprié. En privilégiant le face-à-face en personne et en utilisant des méthodes de cryptage. Le but de la surveillance est surtout de rendre les gens craintifs, les groupes devraient donc combattre la paranoïa et l’isolement, et passer à l’action malgré les tentatives d’intimidation. // C’est clair, avec nous, les agents des renseignements ne se cachent même pas, ils veulent nous décourager pour qu’on agisse pas. A la ZAD, nous avons fait l’expérience de bizarreries téléphoniques ! Que de fois où nous entendions de l’écho dans nos conversations, ou bien la conversation était hâchée au point de ne rien comprendre. Un jour un camarade a reçu l’intégralité d’une conversation qu’il avait eue avec une camarade par sms venant du téléphone de la camarade… Une erreur volontaire sans doute…

2. GUERRE PSYCHOLOGIQUE & PROPAGANDE

Les bureaux de contre-espionnage essayent de saper les mouvements de résistance à l’intérieur, cela s’appelle la Guerre Psychologique. Les agents du gouvernements et les médias serviles essayent aussi de discréditer les mouvements à l’extérieur, cela s’appelle la Propagande. Ils génèrent la confusion, la désinformation et le mensonge en direction du public, et s’en prennent à des cibles spécifiques comme les leaders et porte-paroles. L’auteur prend l’exemple du FBI et de la police qui ont utilisé une myriade de « sales coups » pour saper les mouvements progressistes. Les agents adorent mettre de l’huile sur le feu entre les différents groupes, susciter les hostilités en prenant avantage des conflits personnels déjà existants. Le FBI aime envoyer aux organisateurs des lettres de la part d’un « ami anonyme » pour avertir qu’un allié est en train de le trahir ou veut le tuer. Le FBI a imprimé un livre de coloriage raciste au nom du Black Panther Party pour enflammer les peurs des personnes blanches. Toutes ces petites astuces permettent à nos gouvernements de mentir, de faire taire l’opposition, de déstabiliser la résistance tout en préservant les apparences de démocratie et de liberté d’expression.

Un moyen de lutter contre cette tactique vicieuse est de stopper les rumeurs superficielles au sein du groupe, et les ragots mesquins. En plus de nous détruire le moral, cela facilite les méthodes du gouvernement. Réglez les problèmes en privé et avec tact, empêchez les rumeurs de se propager tant que la vérité n’est pas faite. Enquêtez sur les messages suspicieux avant de passer à l’action. Si vous suspectez qu’un schéma de contre-espionnage se répète dans votre communauté, parlez-en à des activistes allié·es qui ont peut-être subi les mêmes attaques. Et nous devons désamorcer les conflits entre groupes en s’occupant ouvertement des discriminations autour du genre, race, classe etc. Et encore une fois, militants et modérés ne doivent pas dénigrer les actions des un·es et autres.

3. INFILTRATION & INFORMATEURS

C’est peut-être la forme la plus sournoise de contre-espionnage. Les agents du gouvernement tentent d’introduire des infiltrés dans les réunions et groupes, tout en recrutant des informateurs à l’intérieur de la résistance. Les infiltré.e.s collectent des renseignements mais ce n’est pas leur principale activité. Ils et elles cherchent plutôt à saboter les groupes de l’intérieur, de créer des schismes, de l’hostilité horizontale, de provoquer, d’effrayer les potentiel·les sympathisant·es.

La police fait aussi appel à des agents provocateurs qui encourage la division interne et des positions qui ne sont pas dans l’intérêt du groupe. Les agents provocateurs vont emmener les groupes dans des pièges, dans des actions qui vont attirer plus de répression que ce que le mouvement est capable d’encaisser.

On imagine souvent que les rapports écrits par les agents infiltrés décrivent les actions planifiées, des pièces à conviction ou autres. En réalité ils sont surtout remplis de ragots. Les infiltrés écrivent et documentent sur qui a une dispute, qui couche avec qui, et des détails intimes sur la psychologie des membres du groupe qu’ils espionnent. Les infiltrés de longue durée coûtent cher à l’État mais les informations récoltées sont précieuses pour la répression. // L’ambiance qu’il y a sur la ZAD conditionne beaucoup l’efficacité de la lutte. On s’est posé plusieurs fois la question de savoir si l’État et/ou les multinationales sont en mesure d’envoyer des personnes foutre la merde, c’est tellement facile. A nous d’être ultra vigilant.e.s (sans tomber dans la paranoïa), notamment sur les questions d’oppression, c’est tellement simple de se comporter en mec oppressif et de déstabiliser tout un groupe. Nous avons constaté d’un jour à l’autre, selon certaines personnes présentes sur les lieux, que l’ambiance était radicalement différente et donc différemment propice à la lutte. Nous n’avons pas de preuves de personnes infiltrées mais l’hypothèse est à conserver et à cr

euser. A la fois, une ZAD est aussi un lieu qui attire des personnes marginalisées pour diverses raisons. Cette société hiérarchique, oppressive, compétitive produit son lot d’individus paumés et parfois il faut bien le reconnaître, néfastes.En revanche, bien sûr que la police a recruté au moins un informateur parmi nous. Dans ces cas-là où nous en avons la preuve, cette personne ne peut plus revenir dans la lutte. Tout le monde ne l’a pas compris !

Signes d’alerte d’infiltration

Il existe plusieurs types d’infiltrés et d’informateurs. Il y a l’activiste débauché·e, une personne qui a réellement commencé en tant qu’activiste mais qui s’est mise à collaborer sous la menace ou les pots-de-vin. Il y a aussi le professionnel·le sous couverture, c’est un détective ou une personne entrainée par la police ou les renseignements pour se faire une place dans un groupe. Il y a aussi des personnes qui ont eu des problèmes judiciaires et qui essayent d’alléger leur peine, et encore d’autres profils différents.

Les infiltré·es se créent des couvertures qui attirent la sympathie des activistes, qui désamorcent les suspicions. Ils reçoivent des listes d’organisations cibles et de personnes cibles. Ils et elles peuvent parfois développer des relations étroites avec les membres du groupe. La suite du podcast détaille quelques schémas récurrents pour les identifier que nous n’incluons pas ici pour ne pas alourdir la lecture !

Comment recruter en se méfiant des infiltré·es ?

Prenez la menace au sérieux

Si l’État vous prend au sérieux, vous devez vous prendre vous-mêmes plus au sérieux. Si les gens se parlent plus les uns les autres, ils remarqueront les incohérences. Discutez, enquêtez sur les couvertures. Les communautés résistantes seront protégées quand des petits groupes de personnes qui se connaissent et se font complètement confiance s’associent pour former un contre-espionnage actif. Étudiez le sujet et créez une procédure d’alerte dans la communauté. // Sur cette lutte, les gens se connaissaient depuis peu. Cela prend du temps de nouer des liens de confiance. L’évacuation de la ZAD dans la forêt s’est faite un an à peine après le début de l’occupation et c’est sans compter sur la bougeotte qui nous caractérise si bien ! C’est tout un réseau militant déjà existant et qui ne demande qu’à être développé dont nous avons besoin pour ne pas redémarrer de zéro à chaque nouvelle ZAD.

Immunisez votre groupe

Tout le monde doit connaître la culture de sécurité et savoir qu’il ne faut pas parler à la police et que faire si la police vient frapper à la porte.// On ne le répétera jamais assez, les flics même quand ils et elles ont l’air sympas, sont là pour faire du renseignement ! Nous compter, savoir qui on est, comment on vit, comment on s’organise… bref mieux nous connaître c’est mieux nous combattre ! Donc, ne leur donnons pas d’info. Et puis de toute façon, ACAB ! // Sans être désagréable, trouvez un bon compromis en accueil des nouveaux membres et relative paranoïa, posez-leur des questions pour faire connaissance. // Des personnes qui débarquent sur zone pour la première fois parfois posent beaucoup de questions, ce qui peut éveiller notre suspicion. N’oublions pas que notre manière de vivre et de lutter est particulière pour la majorité des gens. Le mieux est de prévoir (si possible) un espace d’accueil avec de la documentation et une/des personnes qui se chargent d’accueillir les nouvelles personnes.

Ne forcez personne

Nous avons urgemment besoin d’action radicale, mais créez une communauté basée sur l’entraide, pas sur l’intransigeance et le harcèlement. Construisez un mouvement fort, communiquez avec vos allié·es et traitez ouvertement les problèmes d’oppression. // Sur la ZAD du Moulin, nous n’avons pas vraiment connu de harcèlement ou d’intransigeance et du coup n’avons pas été d’une efficacité redoutable, il faut sûrement trouver un juste milieu entre trop d’attente envers un groupe/des personnes (ce qui peut clairement mener à des situations harcelantes) et peu d’attente donc peu d’efficacité… Humm.. à méditer!

En espérant que vous avez apprécié cette lecture et à bientôt pour la suite !

Des ancien.ne.s habitant.e.s de la ZAD du Moulin

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