Contre le GCO, Vinci et son monde, nous sommes solidaires de Maxime et pour le retrait des grenades explosives.

Une nouvelle fois mobilisée, comme tous les mercredis depuis le 24 janvier, une quinzaine de militant.e.s étaient présents devant la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) du Bas-Rhin et de Strasbourg, de 17h à 19h, mercredi 30 mai. Depuis le 16 mai, le rassemblement a migré de la Préfecture à la place Gutenberg. Jean-Luc Heimburger, président de la CCI, est l’un des fervents défenseur du projet. Patron d’une entreprise de location d’engins de chantier – dont l’un de ses clients est… Vinci – on comprend mieux l’intérêt particulier qui le lie au projet. Etre sous ses fenêtres, c’est aussi lui rappeler qu’une opposition est sur sa route (aie). Comme Robert Herrmann, président de l’Eurométropole, il voue un mépris particulier aux opposants. On se demande pourquoi ? …

Eveiller les consciences

Mercredi, a été aussi l’occasion à GCO NON MERCI de proposer un atelier d’écriture pour aider à contribuer à l’enquête publique en cours sur le volet SANEF du dossier GCO. En parallèle, d’autres militant.e.s ont profité d’échanger avec les passants. Beaucoup de Strasbourgeois ne se sentent pas forcément concernés. Pourtant, nous partageons tous la même planète. La pollution de l’air les concerne. Le système sociétal dans lequel nous évoluons, corrompu par la puissance des multinationales, regarde également tout le monde. Aller à la rencontre des gens, c’est permettre d’éveiller les consciences… ou du moins, essayer !

Pour le retrait des grenades explosives

Vers 18h20, un moment pour rendre hommage à Maxime, blessé grièvement sur le zad de Notre-Dame-des-Landes le 22 mai dernier, a été pris pour répondre l’appel lancé quelques jours plutôt à des rassemblements partout en France. Nous avons dénoncé les violences policières et demandé la suppression des grenades explosives de l’arsenal des forces l’ordre. A cette occasion, le texte de l’appel a été lu.

Les mois d’avril et mai dernier, les expulsions sur les terres de la zad à Notre-Dame-Des-Landes signifiaient des milliers de gendarmes, de tirs tendus, et d’affrontements.

Mardi 22 mai, Maxime, un jeune de 21 ans étudiant à Lille, a eu la main littéralement arrachée par l’explosion d’une grenade, tirée par les forces de l’ordre.

Peu importe qu’elle soit lacrymogène, instantanée, assourdissante, à effet de souffle, à effet psychologique, à effet combiné, modulaire, offensive ou de désencerclement. Peu importe le nom donné à cette grenade : une grenade est une grenade. Et peu importe également ce que Maxime a fait pour que cette grenade lui explose dans la main. Jamais cette grenade n’aurait dû être lancée, ni dans sa direction ni ailleurs, car nous ne sommes pas sur un terrain de guerre.

Il y a quatre ans, Rémi Fraisse mourrait à cause d’une grenade qui avait déjà emporté Vital Michalon 37 ans avant lui. Cette grenade-là a été suspendue, mais l’État a jugé pertinent alors de sauver celle qui aujourd’hui a mutilé Maxime et d’autres avant lui. Edouard W. a eu la main arrachée par une GLI F4 le 25 janvier 2001 à Lille lors d’une manifestation de pompiers. Pascal V. a eu les orteils arraché par une GLI F4 le 29 janvier 2009 à Saint Nazaire lors d’une manifestation pour les retraites. Mickaël C. a eu la main arraché par une GLI F4 le 26 octobre 2013 à Pont de Buis lors d’une manifestation des bonnets rouges contre les bornes écotaxe. Robin P. a eu une partie du pied arrachée par une GLI F4 le 15 août 2017 près de Bure lors d’une manifestation contre l’enfouissement de déchets nucléaires.

Il perpétue ainsi cette fameuse doctrine française du maintien de l’ordre, le « savoir-faire à la française » qui permet à la France de faire le commerce juteux de ses armes de mort dans le monde entier.

Mais nos champs, nos forêts, nos rues et nos quartiers ne sont pas des champs de tir.

Combien de visages déjà défigurés par les flashballs et autres grenades ? Combien de traumatismes, combien d’éclats dans les chairs de nos proches, combien de peur, combien d’existences brisées ? Nous refusons de voir nos vies suspendues à un fil parce que des marchands de mort se jouent de nos rêves d’un monde meilleur. Nous refusons d’accepter ces logiques meurtrières qui voudraient justifier l’usage des armes contre des populations civiles, quelle que puisse être l’idée qu’on se fait de leurs intentions : dans absolument tous les cas que nous connaissons, les forces de l’ordre n’étaient pas en état de légitime défense.

Nous exigeons que soient retirées aux forces de l’ordre ces armes qui mutilent nos chairs et celles de nos enfants.

Nous associons notre tristesse et notre colère à la douleur de Maxime et nous appelons toutes celles et ceux que cette histoire ne laissent pas indifférent-es à se rassembler ce mercredi 30 mai 2018 à 18 heures, dans toutes les villes et lieux-dits où cela sera possible. De chaque rassemblement nous ferons passer une photo à Maxime. Celles et ceux qui le souhaitent sont invité-es à venir avec un gant de couleur rouge.

POUR MAXIME ET POUR LA SUSPENSION DÉFINITIVE DE TOUTES LES GRENADES EXPLOSIVES, RASSEMBLONS-NOUS !

Pour concluire la lecture de l’appel, le copain a ajouter : « ce qui est arrivé à Maxime et à d’autres avant lui, peut nous arriver à nous aussi ici sur la bataille contre le projet GCO. Face à la violence policière qui s’exerce sur les zad (Sivens, Bure, Notre-Dame-des-Landes) ou ailleurs en manifs (Paris, Nantes, Rennes, …), nous ne sommes à l’abris de rien. Nous aussi, demandons la suppression des grenades explosives de l’arsenal des forces de l’ordre. »

La soirée s’est terminée par une assemblée de lutte directement sur la place. Mobilisés, nous serons à nouveau devant la CCI, mercredi 6 juin : « Jean-Luc, on débarque 😉 » !!

Devant la CCI Strasbourg,
solidaire avec Maxime et pour le retrait des grenades explosives de l’arsenal des forces de l’ordre
– Strasbourg le 30 mai 2018 –

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